Une terrasse en bois sur plots se monte sans couler de dalle, s’adapte aux terrains un peu irréguliers et laisse circuler l’air sous les lames. C’est la configuration la plus courante chez les bricoleurs, à condition de respecter quelques cotes précises. Voici d’abord les repères à garder en tête, puis le détail de la pose.
Comment poser une terrasse en bois sur plots, étape par étape
Avant d’entrer dans le chantier, ce tableau rassemble les valeurs qui reviennent le plus souvent. Elles varient un peu selon l’épaisseur des lames de terrasse et la section des lambourdes, mais elles donnent une base fiable.
| Repère | Valeur courante |
|---|---|
| Entraxe des lambourdes | 40 cm (jusqu’à 50 cm pour des lames épaisses) |
| Entraxe des plots sous une lambourde | 40 à 60 cm selon la section |
| Nombre de plots | 4 à 5 au m² |
| Hauteur sous terrasse | quelques centimètres au minimum pour la ventilation |
| Pente d’évacuation de l’eau | 1 à 2 % à l’opposé de la maison |
| Pente maximale rattrapable | environ 5 % sans gros terrassement |
Matériel et préparation du sol
Côté outils, il faut un niveau à bulle (ou un niveau laser pour les grandes surfaces), un cordeau, une scie circulaire ou sauteuse, une visseuse, un maillet et des cales pour les petits ajustements. Côté fournitures : plots, lambourdes, lames, vis inox, bande de protection de lambourde et un géotextile.
La préparation du sol décide de la tenue dans le temps. Sur de la terre, on décape l’herbe et la terre végétale, on compacte le fond, puis on pose un géotextile qui bloque les mauvaises herbes tout en laissant passer l’eau. Un lit de gravier de 5 à 10 cm, damé, forme alors un sol stabilisé sur lequel les plots ne s’enfoncent pas. Sur une dalle béton ou un carrelage existant, il suffit de nettoyer et de vérifier que l’eau s’écoule : la pente sert alors de référence pour toute la structure.
Pose des plots, des lambourdes et des lames
On trace d’abord le périmètre au cordeau, puis on place les plots en lignes régulières en respectant l’entraxe du tableau. Le niveau se règle à ce stade : avec des plots réglables, on tourne la vis ou on ajoute une rehausse, avec des plots fixes, on compense avec des cales. Prévoyez une pente de 1 à 2 % pour que l’eau file loin de la façade.
Les lambourdes se posent ensuite, perpendiculaires aux lames, en commençant par celles du bord. On colle ou on agrafe une bande de protection de lambourde sur leur face supérieure pour éviter que l’eau stagne entre le support et les lames. Chaque lambourde repose sur ses plots, sans être vissée dans le sol : la structure reste ainsi souple et facile à démonter.
Les lames se fixent en dernier. Les vis inox pré-percées conviennent pour les bois durs, tandis qu’une fixation invisible (clips) donne un rendu plus propre sur des lames rainurées (pour bien les choisir, voir notre guide des vis de fondation pour terrasse). Laissez 5 à 8 mm entre deux lames pour le drainage et la dilatation, et 1 cm environ entre les lames et un mur. Pour une surface de 30 m², comptez de un à trois jours, contre quatre à sept pour une terrasse scellée.
Quels plots choisir pour sa terrasse en bois ?
Le choix dépend surtout du sol et de la régularité de la surface. Les plots fixes, en plastique ou en béton, coûtent peu et conviennent à un support plat, comme une dalle béton bien nivelée. Les plots réglables, vissables en hauteur, rattrapent les différences de niveau et sont le choix le plus polyvalent sur terre stabilisée ou sur un sol légèrement en pente.
Le plot autonivelant va plus loin : sa tête s’adapte à la pente de la dalle et la lambourde reste horizontale, ce qui limite les cales. Sur terre, privilégiez une large base ou une petite platine en béton pour répartir la charge. Une tête cruciforme ou à encoches, quant à elle, maintient les lambourdes en place sans vis.
Entraxe, nombre de plots et hauteur sous terrasse

L’entraxe est la distance entre deux lambourdes (environ 40 cm) mais aussi entre deux plots d’une même lambourde (40 à 60 cm). Plus les lames sont fines, plus il faut resserrer. Avec ces valeurs, on arrive à 4 à 5 plots au m², un chiffre à augmenter si la terrasse accueille un spa, un salon lourd ou un barbecue en dur.
La hauteur sous terrasse doit rester suffisante pour garder une bonne ventilation : l’air qui circule sous les lames évite l’humidité qui fait pourrir les bois. Les plots réglables couvrent généralement de 2 à 3 cm jusqu’à une vingtaine de centimètres avec des rehausses. Au-delà, mieux vaut prévoir un double lambourdage (une première couche de lambourdes posée sur les plots, une seconde en croisé par-dessus) pour rigidifier l’ensemble et corriger les petites irrégularités du niveau.
Une erreur revient souvent : poser les plots sur un sol meuble ou non compacté. Après quelques pluies, ils s’enfoncent de façon inégale et les lames ondulent. De même, boucher le tour de la terrasse avec une planche pleine bloque l’air et ruine la ventilation.
Quel bois et quelles lambourdes choisir ?
Pour les lames, l’essence de bois fait varier la durée de vie et le budget, et il vaut la peine de comparer notamment la lame de mélèze pour terrasse aux autres essences disponibles. Le pin traité est le moins cher, mais il demande plus d’entretien. Le douglas offre un bon compromis, avec une teinte chaude qui grise avec le temps. L’ipé et les autres bois exotiques durs sont les plus résistants, avec un prix au m² nettement plus élevé. Quel que soit votre choix, un bois de classe 4 est requis pour une terrasse en contact avec l’humidité.
Pour les lambourdes, le pin traité classe 4 reste le plus répandu, car elles sont cachées sous les lames. Les lambourdes en aluminium coûtent plus cher, mais ne pourrissent pas, ne se déforment pas et supportent bien des plots réglables : un bon choix si vous voulez une terrasse très durable. Dans tous les cas, évitez que la lambourde touche le sol ou reste dans une zone d’eau stagnante.
Budget : combien coûte une terrasse en bois sur plots ?
Le prix au m² dépend de l’essence, de la surface et de la complexité du chantier. Pour un résineux traité, comptez 80 à 150 € du m² pose comprise ; pour un bois exotique, 110 à 290 €. Si vous posez vous-même, le coût se limite aux fournitures, ce qui fait baisser nettement la note.
30 à 60 € du m² : la part de la main-d’œuvre
Sur un devis pose comprise, la main-d’œuvre représente en moyenne cette fourchette. Une terrasse en bois traité classe 4, correctement posée et entretenue, dure en général 15 à 20 ans ; un bois exotique peut aller plus loin, ce qui compense en partie son prix de départ.
Les accessoires pèsent aussi dans le budget : géotextile, gravier, bande de protection de lambourde, vis et clips de fixation. Prévoyez environ 10 % de marge de bois pour les chutes et les coupes, surtout si vous posez en diagonale.
Entretien et réglementation

Un bois exotique se contente d’un nettoyage annuel à l’eau et au savon, avec éventuellement un dégriseur si vous voulez retrouver la teinte d’origine. Le pin et le douglas demandent un saturateur une fois par an les deux premières années, puis tous les un à deux ans. Dégagez régulièrement les feuilles et les débris entre les lames (ils retiennent l’eau et favorisent les mousses), et en cas d’encrassement persistant, consultez le bon dosage de bicarbonate pour nettoyer sa terrasse.
Côté règles, une terrasse de plain-pied ne nécessite en général aucune formalité, sauf en secteur protégé ou si le PLU l’impose. Dès qu’elle est surélevée de plus de 60 cm, une déclaration préalable ou un permis peut être exigé selon la surface créée. Un appel à la mairie avant de commencer évite les mauvaises surprises, surtout si la terrasse touche une limite de propriété.





